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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 17:34
Goater Noir Novembre 2016 .Illustration de couverture Pierre Macé

Goater Noir Novembre 2016 .Illustration de couverture Pierre Macé

 

 

Sous un titre qui claque et qui a du sens ( il représente la devise des mercenaires  Orbs patria nostra)  , se cache une histoire noire à souhait, celle de Maxence Stroobants, un géant à l'oreille coupée, mercenaire aguerri dirigeant une boîte de sécurité militaire privée.

Stroobants Secure SA  fournit ses services à des dignitaires, des organisations internationales ou encore des lobbyistes assoiffés de marchés juteux. Cette société sillonne les zones en conflit, à fort risque sécuritaire comme le Mali, le Niger ou encore l'Irak.

Les opérations menées par les contractors de Stroobants sont d'ordre paramilitaires. Escorter, sécuriser, défendre les intérêts économiques et politiques de pays ou de sociétés privées au risque d'être impliquer dans des scandales. Car la guerre est un marché en or, qu'elle soit de haute ou de basse intensité et chacun veut en tirer profit quitte à se brûler les ailes. Et ce n'est pas forcement sur le terrain que la mort rôde, la mère patrie semble bien plus dangereuse.

 

 

Les nouvelles sociétés de sécurité tiennent une place majeure dans le roman, mais l'histoire ne se résume pas à un débat sur ce sujet. C'est aussi et surtout des portraits de mercenaires, le lien « à la vie, à la mort » qui les unit lors des missions, l'amour bien difficile à caser parmi ce chaos et la trahison au demeurant inacceptable.

 

 

*******

 « Selon moi, le degré d'intensité d'un conflit reflète l'incapacité du politique à préciser ses objectifs mais surtout son incapacité à atteindre ses objectifs sur le terrain. C'est là que nous, entreprise de sécurité et de défense, intervenons. C'est là que nous sommes devenus nécessaires. Un mal nécessaire. »

 

*******

 

Roman d'une grande qualité tant au niveau de l'écriture, que du scénario.

Frédéric Paulin maîtrise parfaitement son sujet, s'y ballade avec aisance et permet ainsi au novice comme au connaisseur de l'accompagner dans ce monde pas très choupinou.

Cela faisait quelques temps que je n'avais pas eu de coups de foudre. C'est chose faite avec ce roman noir qui, soit dit en passant, n'est pas un livre « pour les mecs », c'est un livre écrit par un mec qui n'a jamais dit que c'était un livre pour les mecs...CQFD

 

Et je ne vous apprends rien en disant qu'il existe des filles qui n'aiment pas les histoires d'amour. Il y a même des filles qui n'ont jamais lu Cinquante nuances de grey, qui n'aiment pas le rose et qui préfèrent Thompson et Jonquet à Musso ou Chattam...Il y en a même qui aiment le rose et Thompson et qui boivent de la bière en lisant Musso ou qui lisent peut être Orwell et « Martine petite maman » en dansant la samba ? RE CQFD parce qu'il y en a marre de ces personnes qui rangent la littérature dans des cases et le Genre avec.

 

 

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 18:04
Editions La table ronde 2009

Editions La table ronde 2009

 

 

Premier roman noir de Jérôme Leroy paru en 1997 aux éditions du Rocher et réédité en 2009 à La table ronde.

Roman noir en deux parties : le présent en conflit avec le passé. Ou peut-être l'inverse ou peut-être seulement une suite logique. Celle d'un homme, à la fin du 20ème siècle, abruti par les antidépresseurs, les anxiolytiques , l'alcool. Mort-vivant parmi les vivants, prof de son état, obéissant à des réflexes séculaires pour survivre.

Un homme en sursis dans un pays qui va mal, qui étouffe et se révolte. Un homme, détenteur d'un terrible secret, celui de sa vie , de ses actes passés.

Redécouvrir l'amour ou du moins l'envie de vivre et oublier ce qui a fait de lui ce qu'il est.

Accepter l'inacceptable en espérant que les démons du passé lui accordent un peu de répit.

Se rappeler que la manipulation est de mise dans une société vérolée.

 

On est loin de la fiction, bienvenue dans notre réalité.

 

« -Tu es au courant de ce qui se passe cette nuit, Aurore ? Je ne parle pas de nous deux, je te parle de dehors, ce ne sont plus les émeutes qui durent depuis des mois. C'est une révolte écrasée dans le sang. Comme ça, à tous les échelons, des gens comme ton mari auront le beurre et l'argent du beurre. On prendra prétexte d'une situation insurrectionnelle pour adopter des mesures d'exception... Le rêve, pour un capitaliste : l'ultra-libéralisme économique et l'autoritarisme politique. Et tu verras que ça va passer comme une lettre à la poste : la moitié de ce pays est virtuellement exclue, l'autre a peur de passer du mauvais côté de la barrière. Alors ils vont filer droit, bien droit. On leur expliquera qu'on ne peut pas faire autrement au journal de vingt heures. »

 

 

 

 

La seconde partie nous dévoile le grand secret, le drame et ses raisons. Le déclin d'un homme aveuglé par l'amour. Un amour, cette femme, qui s'éloigne, qui a soif d'argent, de sexe, de puissance et qui migre vers les hautes sphères politico-financières. Un amour qu'il tente de sauver et lui procure un aller simple pour l'enfer « bleu ».

 

Du style , une histoire  et des personnages. La laideur de nos dirigeants, l'ordre social. Tout est là.

Un excellent roman noir très réaliste où le pouvoir corrompu est impitoyable et ...pitoyable.

 

Coup de cœur.

 

 

 

Monnaie bleue - Jérôme Leroy - Roman noir
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 16:54
Editions Métailié - 2007 - Traduit de l'italien par Serge Quadruppani

Editions Métailié - 2007 - Traduit de l'italien par Serge Quadruppani

 

Nous sommes dans les années 80. Pjota, un enfant Albanais amoureux de la mer et des livres, nous raconte sa vie. Un enfant narrateur, à la fois observateur et victime de la barbarie humaine.

 

Il côtoie la violence depuis sa plus tendre enfance et les choses ne s'arrangent pas lorsqu'il se retrouve malgré lui au service d'un chef de la mafia Albanaise « Le grand Razy ».

Il découvre alors avec toute la naïveté d'un jeune garçon, les trafics de drogue et de femmes, les sévices, l'obéissance absolue, la souveraineté de ses bourreaux.

Sa vie lui est dictée, son avenir est tracé par d'autres, plus vieux, plus forts, plus méchants.

Il devient alors un  naufrageur .

 

Réfléchissant avec intelligence et anticipation, il comprend rapidement que sa survie ne tient qu'à une chose, échapper coûte que coûte à ce milieu, se sauver sans se retourner.

La fatalité n'existe pas.

Son rêve est de rejoindre l'Italie mère de tous ses espoirs. C'est chose faite lorsqu'il parvient à fuir son pays et « papa Razy le lion » au péril de sa vie.

Mais l'Italie ne lui ouvre pas son cœur comme il l'espérait. Il y survit dans le monde de la prostitution et devenir un autre ne lui est pas permis.

Les épreuves, la violence , l'amitié et l'amour le font devenir ce qu'il est, un enfant balancé dans un milieu hostile, par une vie qu'il n'a pas choisie . Un enfant cherchant par tous les moyens à se raccrocher à ses rêves.

 

 

 

 

Une histoire forte et juste qui laisse peu de place à l'imaginaire. La réalité est sous nos yeux, violente et insupportable. On la prend en pleine face et recevons presque avec grâce les quelques moments de bonheur dont nous fait part le narrateur.

 

Une immersion au cœur des tragédies modernes, écrasantes ces dernières années dont Pjota pourrait être le porte-parole. Le porte-parole de ces enfants devenus ados avec des rêves plein la tête mais qui ne survivent pas tous à la cruauté du monde.

 

Gros coup de cœur pour ce roman écrit avec beaucoup de pudeur et de délicatesse.

 

 

 

« Quand elle parle, c'est le reste du monde qui n'a pas d'oreilles. » (p 209)

 

 

Une phrase qui prend tout son sens à la lecture de ce roman. 

 

 

 

 

 

 

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Published by l'oiseau livre - dans Coups de foudre Made in Italie
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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 16:31
Série noire 2014

Série noire 2014

Auteur rencontré à Mauves en noir en 2015. Lu dans la foulée et nous y voilà, avec beaucoup de retard mais nous y voilà malgré tout...

 

12 septembre 99, 9h06.

14 septembre 99, 10h30.

49h24 c'est peu et pourtant c'est tout.

 

49h et 24 minutes pour faire revivre le passé et comprendre le présent.

49h et 24 minutes pour valider sa propre mort.

 

Rétrospective d' une descente aux enfers.

Années 70, pas de mise en garde contre la défonce. Années propices à tous les excès.

Répondre à un besoin irrésistible de modifier sa conscience et sa perception du monde.

Commencer par la petite défonce et s'achever par le sang . Laisser l'addiction prendre les rênes. Accepter l'irréversible. Abdiquer ...

 

 

Histoire d'un parcours qui enchaîne le présent au passé.

 

L'amour au coin de la rue,celui qui fout le camp peu à peu car la came est plus forte et devient alors le seul et unique amour. Celui qui détruit et réduit à l'état larvaire .

Et le fric qui tombe d'un camion , qui coule à flot et rend la faux plus soyeuse. Et ce même fric qui un jour n'est plus là. Parce que lui aussi a perdu la partie.

Et les potes sans lesquels la vie est impossible et ceux-là même qui accèdent à la trahison et au mépris et qui crèvent un à un.

Et ce putain de virus duquel on se gausse pour en avoir moins peur et qui finit par triompher alors que le ring n'est pas encore monté.

 

Pas de bataille contre la dope mais personne pour se l'avouer. Le déni fait partie de la mise en scène de cette amante. Mante religieuse sans état d'âme. L'Ankou d'une pureté mortelle.

 

 

Grosse claque et gros coup de cœur pour ce récit, bouleversant pour celui qui est toujours resté observateur et douloureux pour celui qui a connu, vu ou vécu.

 

Veni Vidi Vici pourrait clamer l'auteur mais à quel prix.

Eric Maravélias est incontestablement le poète des criquets et pour cause...Qui mieux que la gazelle peut parler de son bourreau ?

 

 

 

 

 

 

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 16:22
La manufacture de livres - 2015 -

La manufacture de livres - 2015 -

Un petit tour dans les Cévennes pour respirer le grand air ?

 

J'y ai trouvé un gîte au lieu-dit Les Doges. Je recherchais le dépaysement, les grands espaces vierges de tout excès. Paradoxe du citadin, loin du bruit de la ville et de ses recoins sombres...

 

Pas loin de ma cabane, il y a deux fermes isolées que la technologie n'a pas vérolées. Quelques centaines de mètres de champs les séparent. Quelques brises hivernales font office de clôtures. La douceur de la neige ne suffit pas à faire disparaître cette oppression qui envahie le visiteur. Je suis le visiteur, je suis le spectateur et j'observe à couvert Gus, son fusil et son chien. Ombres inséparables et vivantes.

Abel habite l'autre ferme, j'ai l'impression que c'est plus bas. En fait c'est juste plus loin.

J'écoute les silences rendus plus vivants par la neige. Je scrute les forêts sombres dans l'attente de ce que je ne veux pas y voir, je me perds dans la rudesse de leur vie … Fascination.

J'ai peur. Cette peur inhabituelle est envoûtante. Elle ne réclame pas la fuite, elle refuse de me faire crier, elle fait juste partie du silence. Celui qu'on ne rencontre jamais dans nos villes.

La vie s'égraine au rythme de l'âme du lieu-dit. Au rythme de Gus, de son fusil et de son chien.

Je veux connaître la noirceur de leurs secrets. Les non-dits sont ,paraît-il, de fidèles compagnons.

Je ne veux pas fuir et malgré la peur qui me noue les tripes, je resterai jusqu'au bout.

Je suis le visiteur, je reste spectateur de ces relations si particulières entre Gus et Abel, entre Gus et son fusil, entre l'homme et son chien.

Je serai peut-être le dernier témoin visuel de cet attachement à la terre, de cette peur viscérale d'en être arraché... Et l'ultime détenteur des secrets qui viennent grossir le ciel.

 

Sans aucun doute, Franck Bouysse les connaît aussi, comme il connaît cette région.

Il connaît même Gus et Abel parce qu'ils sont le sang des Cévennes. Il a écrit une petite tranche de leur vie avec beaucoup d'amour , me semble t-il. Amour pour une région, ses habitants, amour du Noir sur fond blanc,froid et silencieux.

 

J'ai quitté les Doges et ses deux fermes. Je ne suis plus un passager clandestin, maintenant je sais et je peux encore sentir  l'odeur du feu de bois et du froid qui pique ma peau.

J'ai découvert une région qui m'était inconnue. J'ai flirté avec la mort, l'envoûtante orée des bois, les cris qu'on n'entend jamais , le silence qui règne en maître des lieux.

Un jour je reviendrai.

 

 

 

Gros coup de coeur.

Franck bouysse, que j'ai eu l'occasion de rencontrer à Mauves en Noir en 2015, sera présent à Noir sur la ville cette année. 

 

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 13:37
L'assassin qui est en moi - Jim Thompson - rivages/noir

The killer inside me  est paru il y a une petite soixantaine d'années. En 1966, il est édité en série noire sous le titre  Le démon dans ma peau  mais pas en version intégrale.

Rivages/noir le fait renaître en 2012 en traduction intégrale sous le titre L'assassin qui est en moi.

L'assassin qui est en moi - Jim Thompson - rivages/noir

 

Lou Ford (le narrateur) est shérif adjoint à Central City. Il ne porte pas d'arme , fume des cigares et est un tantinet simplet.

« L'autre » Lou  est schizophrène, conscient de son état. Il hait les femmes autant qu'il manipule les gens.

Lou rencontre Joyce. Le passé refait surface et Lou tente désespéramment de chasser ses démons.

 

Un roman très noir venu tout droit de l'Amérique profonde où les secrets de famille et les querelles de clochers sont mieux gardés qu'un troupeau de vaches. Ici c'est le bureau du shérif qui fait la pluie et le beau temps. On sait faire taire le bon, la brute et le truand, surtout le bon. Système bien huilé d'une société en décomposition où un petit coup de balai discret est passé si quelque chose dérange la puritaine communauté .

 

Un roman où la psychologie occupe une large place, où le narrateur nous livre le fond de sa pensée, amalgame de matière grise totalement noire. Ses monologues , que seul le lecteur peut appréhender, sont le fil conducteur du récit. On sait qu'il y aura passage à l'acte. Reste à savoir quand il aura lieu.

 

Un monument du noir.

 

 

 

 

Le n° 115 de la revue 813 lui accorde un excellent dossier.

 

L'assassin qui est en moi - Jim Thompson - rivages/noir
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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 15:33
La vie de ma mère - Thierry Jonquet - Série noire

Gallimard - série noire - 1994

La vie de ma mère - Thierry Jonquet - Série noire

Réédition - Folio - 2001

 

 

 

« La vie de ma mère ! » ne retrace pas la vie de sa mère.

Si ce môme narrateur avait raconté la vie de sa mère, on n'en serait pas là et lui non plus.  

C'est sa vie qu'il raconte ou plutôt une tranche de vie, bien loin d'être une tranche de pain de mie à moins d'y ajouter une grosse croûte. Et puis une tranche de pain de mie , ça retombe vite côté beurre.

Sa tranche de vie , elle ne retombe pas, elle est là, en apesanteur et il doit faire avec.

Certains romans de Jonquet ne se racontent pas, ils se lisent . La bête et la belle, Mémoire en cage ne se racontent pas. La vie de ma mère c'est pareil, ça ne se raconte pas , ça se lit car lire Jonquet , c'est vivre. Voilà.

Sur la vie de ma mère que je ne vous mène pas en bateau. Je ne vous manipule pas plus avec des tranches de pain de mie, j'aime pas le pain de mie par contre j'aime les tranches de vie. Et celle-ci est sacrément bien écrite, tendre, drôle et pas si drôle que ça en fait.

A lire et à vivre si ce n'est déjà fait.

 

 

 

 

Il y a 6 ans, Thierry Jonquet est parti. 

 

 

La vie de ma mère - Thierry Jonquet - Série noire

-Rencontre

 

 

 

 

 

 

 

 

La vie de ma mère - Thierry Jonquet - Série noire

-Mémoire en cage

 

 

 

 

 

 

 

La vie de ma mère - Thierry Jonquet - Série noire

-Vampires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vie de ma mère - Thierry Jonquet - Série noire

-Rouge c'est la vie

 

 

 

 

 

 

 

-On en parle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vie de ma mère - Thierry Jonquet - Série noire

-400 coups de ciseaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 15:23
La santé par les plantes - Francis Mizio - série noire -

Paru aux Editions La Loupiote ( 1997) - Série noire (1999) - Après la lune (2010)

 

 

 

Un riche chef d'entreprise pharmaceutique a déjà passé QUATRE VIRGULE HUIT ANS de sa vie sur les toilettes. Tout ça à cause de cette conne de Samantha...Il décide alors d'utiliser des hommes de main pour s'emparer de deux arbrisseaux, mâle et femelle, répondant au doux nom de « Allocasuarina Portuensis » .

Pourquoi vouloir s'en emparer à tout prix ? Ces petites plantes ont un lien avec la constipation chronique et selon les dires de certains biochimistes, elles permettraient de synthétiser la molécule d'un sopo-laxatif à effet retard. Seulement voilà, il n'en existe que deux spécimens dans le monde ! Tout un programme, que Francis Mizio nous livre avec brio .

La guerre est déclarée entre l'industrie pharmaceutique et des écolos totalement déjantés.

Qui gagnera la partie ?

 

La santé par les plantes est un véritable remède contre la morosité. Narcisse et Flore, militants extrémistes New age et écolos en sont un peu responsables. Dotés d'une intelligence particulière, ils maîtrisent les plans foireux au même titre que les casseroles judiciaires. Flore est une encyclopédie vivante en botanique et spécialiste du mariage Cannabis/ Radis noir... mais d'autres personnages tout aussi folkloriques entrent en scène.

 

La santé par les plantes nous apprend l'existence du F.L.C et du Magic Magic Extra. Outre la flore , ce roman aborde aussi les mystères de la faune au combien complexes et pas drôles dans des contrées reculées. Par exemple, la vie du perroquet vert à deux crêtes et touffes rouges sous les ailes n'est qu'un perpétuel combat et la naissance du doryphore-bousier lubrique n'est qu'une histoire de larves...En poursuivant sur la « faune », on apprend que l'amour peut être Trash au sens Propre du terme...

 

Ce roman est totalement déjanté et drôle, l'auteur ne laisse aucun répit au lecteur, le condamnant inexorablement aux crampes abdominales.

C'est sacrément bien écrit , avec des moments épiques qui piquent ou glissent jusqu'au fou-rire...

Si vous ne parvenez pas à dire « Allocasuarina Portuensis » , ce n'est pas parce que vous avez besoin d'un orthophoniste.

Je reprendrais bien un peu de Magic Magic Extra Z'iou plaît !

 

 

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 18:39
Nous les maîtres du monde

Nous les maîtres du monde

Editions Après la lune - 2010 

 

"Les super-héros mènent une double vie. Ce sont  des hommes du commun arrachés à leur condition médiocre par des événements souvent tragiques et traumatisants." (Super-héros : Grandeur et décadence du mythe - p 50,51)

 

Après avoir lu « La maison » du même auteur, je suis projetée dans un futur proche où les super-héros ont perdu de leur ramage et de leur plumage. Tous les super-héros ? Non ! Une poignée semble prête à résister à l'envahisseur à coups de gadgets, de supers pouvoirs et de poings.

L'un d'entre eux est même employé par les services secrets et chargé de détruire une créature qui a toujours FAIM... Elle dévore ses victimes de l'intérieur. Cette orgie de nourriture terrestre pourrait être poétique, il n'en est rien. Lorsqu'elle ne peut plus agir seule, la Bête en appelle une autre .

Afin de venir à bout de l'affamé(e) ou (es), Louis Lartigue, notre super-héros doit faire appel à ses camarades de jeunesse, héros masqués d'un temps révolu. On quitte le rêve et le jeu pour entrer dans la réalité de la Bête et des forces maléfiques « colorées »...

 

Nous les maîtres du monde  est une succession de découvertes. On apprécie  Les aventures de Fred Véloce  que tout enfant qui se respecte aurait voulu écrire, mais aussi  Dans l'ombre , l'excellent ouvrage rédigé par Golumm en 2037. Une belle avant-première !

On imagine cette rencontre improbable avec L'homme atomique, Mad Max , Frère Jérôme ou encore La dame blanche, directrice de la maison des Arcades en Bretagne, sorte de thalasso particulière pour milliardaires particuliers ( d'où la chanson du même titre qui n'est qu'un plagiat) . Pour y accéder , il faut montrer patte blanche voire plus...

 

Un très agréable moment de lecture avec quatre sauveurs de l'humanité, quatre super-héros dignes des plus grands comics . Des super-héros drôles, vieux ou trop nostalgiques, beaux, abîmés ou déjà morts. Des super-héros trop vite oubliés et qui restent malgré tout les Maîtres du monde !

 

Nicolas Jaillet en rêvait, il l'a fait . Avec humour, une énergie non dissimulée, une certaine sensibilité voire un attachement certain pour les super-vieux-héros et une imagination délirante.

Mention spéciale pour les « entités »  douées d'une intelligence si ...naïve. Elles ont su découvrir avec finesse l'automobile, le genre humain et le reste ... Rock'n'roll !

 

Sur ce je vous laisse car je dois revêtir mon costume en latex pour aller sauver le monde.

 

"La maison" autre roman de N. Jaillet ICI

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 13:23

 

 

 Taxi take off and landing         

      Editions Baleine 2010

 

Noir sur la ville

 

 

Alors voilà Hector a une petite amie, elle est belle , son prénom c'est Glenda...

 

On va être obligé de la refaire parce que là, ça ne va pas du tout , mais pas du tout  car en fait ...

Notre héros s'appelle bien Hector, Hector Malbarr (tout un programme). Il attend patiemment dans le "VIP Lounge"de la compagnie SAS à l'aéroport de Copenhague. Il est jeune et pas vraiment rebelle et il attend patiemment  son vol vers le "bonheur". Il doit prendre en épousailles  dame Glenda, pas vraiment belle paraît-il, mais terriblement riche, une poule aux oeufs d'or pour un coq bien banal. 

C'est alors qu'il aperçoit cette femme dont les jambes semblent sortir  d'un logiciel de retouches, une femme aux antipodes de sa promise ! Elle est belle, son prénom c'est Angie...

 

Angie s'avance vers lui, l'appelle Jean Bond (Djine pour les intimes) et lui annonce en deux temps trois mouvements leur mariage imminent sur une île paradisiaque à l'autre bout du monde ... Angie est vraiment belle...

Hector-Djine  ne réfléchit pas, il laisse ses hormones le faire à sa place et s'envole vers sa nouvelle destination.

Notre héros  nous embarque alors avec frénésie dans ses délirs de vrai-faux aventurier pour lequel les langues étrangères sont totalement ...étrangères. Grâce à un décodage très "subjectif", il butine entre de viriles rencontres (ça fait mal)  et de plus doux ébats  ( ça fait du bien).

Jusqu'au dénouement final...

Vous en dire plus sur le décollage et l'atterrissage  paradisiaque de notre super héros serait un blasphème , un outrage aux plus grands romans d'espionnage ! 

Sébastien Gendron est le roi incontesté des icônes (rien n'arrête le barrage des langues !)  et des messages subliminaux délivrés dans ses titres de chapitres. Pour exemple: A l'escale de Miami, je vomis, Pour qui sonne Glenda, Huit souris et un homme. Des titres à faire rougir le Poulpe.

A travers ce roman totalement déjanté, je retrouve un auteur découvert dans "les auteurs du noir face à la différence". Ecriture cinglante, humour cynique aux petits oignons, répliques et pensées croustillantes débarquant par surprise, bref ça va vite, c'est drôle et cool .   

 

Rencontré il y a tout juste un an à Noir sur la Ville , j'ai dévoré son bouquin début 2014.     

Je suis en avance sur mes chroniques...

 

Sébastien-Gendron

 

 

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