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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 16:07

 

 

  "Une question parfois me laisse perplexe: est-ce moi ou les autres qui sont fous ?"

Albert Einstein

 

hp

 

 

Quatrième de couverture:

Mai 2010 Louis et Louise, si âgés aujourd'hui qu'ils peuvent tout avouer, racontent leur vie quotidienne à l'hôpital psychiatrique où ils se sont connus pendant la seconde guerre mondiale. Les supplices infligés par les gardiens. Les expérimentations médicales sur les patients. L'arrivée d'un régiment allemand. La cohabitation entre les soldats de la Wehrmacht et les malades mentaux qui se partagent les bâtiments pendant que collaborateurs et résistants se livrent à leurs activités clandestines dans les sous-sols et dans les combles. Et le plan qu'ils mettent au point pour s'échapper de cette maison de fous. 

 

Raymond Castells, psychologue clinicien, reconstitue l'univers surréaliste de l'hôpital psychiatrique pendant l'occupation, où des soldats allemands ont effectivement cohabité avec des internés, des collaborateurs et des résistants. 

 

 

 

 

La quatrième résume parfaitement le contenu de ce roman noir et il me paraît inutile d'ajouter trop d'éléments, inutile aussi de parler des conditions de vie des patients, des supplices ou expérimentations pratiquées, vous serez rapidement baignés dans le "jus" en le lisant. 

 

Le style est fluide, la narration claire et sans excès. Le ton donné par l'auteur est exceptionnel face aux événements relatés.  A chaque page, l'humour côtoie la dureté des propos et des scènes. Un humour noir, un humour vrai pour mieux supporter l'horreur, mon enfant !

 

Au fil des chapitres, différents personnages animent l'espace.

Au fil des phrases, de nombreux sentiments animent le lecteur .

Injustice, révolte, colère, incompréhension, espoir....Mais très peu  ne peuvent nous empêcher de sourire. La lecture ne s'effectue donc pas  à "visage fermé" car le lecteur connaît l' ultime désir de Louis. 

 

Ce roman est inspiré de faits réels...  Louis , le docteur Bronstein, Louise et bien d'autres protagonistes n'ont pu qu'exister quelque part sous l'occupation. Pas de voyeurisme ni d'apitoiement de la part de l'auteur, juste la réalité. 

 

En fin de livre, la note de Raymond Castells est à l'image de son roman, sobre et puissante.

Trois questions la clôturent. Le lien est fait entre le passé des hôpitaux psychiatriques et leur présent... Qu'en est-il de leur avenir...

 

Je termine par un extrait .

"Je vous l'ai dit: nos hôpitaux psychiatriques abritent avant tout des personnes faibles. Combien de puissants dirigent le monde, dont nous savons qu'ils sont autrement plus dangereux que la plupart de nos patients ! L'exemple de Hitler ets loin d'être unique. La psychiatrie, voyez-vous, relève plus de la politique ou de la religion que de la science. Lorsqu'un psychiatre décrète q'un individu est psychologiquement malade,il se réfère toujours aux normes d'une société réputée, elle, être "normale" et "en bonne santé". Mais si cette société est elle-même en mauvaise santé (.... ) que valent ces normes ? Et quel individu a le plus de chances de rester en bonne santé mentale : celui qui ingère ces normes morbides ou celui qui les rejette ? C'est pourtant le second qui sera mis au ban de la société, enfermé, peu-être broyé. N'oubliez jamais cela : on est toujours fou par rapport à une société donnée."

 

 

 

 Un roman noir à lire et à ranger près de  "Mémoire en cage"  et "Les orpailleurs" de Jonquet et pas loin de  "Morsaline" de Hervé Sard  et "Shutter Island" de Lehane . Allez savoir pourquoi. 

 

 

 

Je n'ai pas trouvé de lien à faire vers un éventuel site de Raymond Castells, il y a en fait peu de choses le concernant sur la toile.

Par contre, le dernier numéro de  "L'indic" (n°14 mars-juin 2013. Abonnement possible sur "Fondu au noir") lui a accordé une excellente interview menée par Caroline de Benedetti. Quatre pages à dévorer si l'on souhaite en apprendre davantage sur l'auteur, son roman, ses lectures... + une chronique en fin de magazine.  

 

Enfin ce lien, "La mer pour horizon", vous mènera vers la petite chronique qui m'a donnée envie de lire "Hôpital psychiatrique". 

 

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